mercredi 16 février 2011

11h30, Paris, France



Je continue l'exploration des portraits vidéo sans paroles mais avec du bruit. J'aime beaucoup l'idée de cette minute gigantesque lancée sans explications, sans marche à suivre. Ca mène vers un naturel altéré qui me plaît. Un moindre basculement d'épaule, un visage qui se tourne brusquement suffisent à me faire chavirer. Je voudrais arriver à 10 portraits masculins, puis faire la même chose avec 10 filles. Ce matin-là c'est Guillaume qui est face à moi et c'est encore plus troublant car je ne le connais pas. J'ai osé lui demander de participer au projet car il y avait dans sa présence comme une évidence. Il a accepté très vite, ça m'a conforté dans l'idée qu'il fallait encore plus faire confiance à son instinct.

mardi 8 février 2011

15h50, Valberg, France



Encore une fois, les montagnes m'ont offert un très beau spectacle, jamais définitif, toujours changeant, surprenant, riche et terriblement apaisant. Je veux, au delà du coffret Living Colors, faire quelque chose autour de ces images. Je vais tenter de revenir tout au long de l'année pour compléter l'incroyable diversité de ces paysages et explorer davantage ce lien intime qui me relie à eux. A suivre donc.

vendredi 21 janvier 2011

17h00, Paris, France



Ca fait plus d'un an que je réfléchis à cet album de famille et je crois que j'ai enfin trouvé le bon dispositif. Je viens de finaliser le vrai premier coffret et j'ai l'impression que ça marche.
L'idée n'est pas révolutionnaire mais je voulais vraiment travailler sur cette variation autour de portraits. L'idée est venue chez Richard Avedon, pour une commande des années 70 pour Time magazine je crois, où il avait photographié selon le même principe tous les hommes politiques de l'année. Il avait appelé la série "The family" et ça racontait de façon incroyable une époque, un pays.
Je voulais mixer tout cela, photographier une famille au sens large, travailler sur une unité de lieu (un même décor, simple) et surtout de temps : pouvoir se dire à un moment très précis de notre vie : je ressemble à ça et les autres membres de ma famille ressemblent à ça.

Et puis je voulais un bel objet, quelque chose de soigné, d'artisanal, des belles matières.
Je suis tellement effrayé par ces millions d'images qui dorment dans les disques durs, que je voulais ce retour en force vers le papier, pour que les portraits puissent êtres montrés et partagés dans leur plus belle expression.

Le concept s'appelle Ce jour-là.





mardi 18 janvier 2011

15h22, Paris, France



Je continue d'explorer la vidéo comme un outil de recherche.
Je tourne toujours autour du portrait en reprenant l'idée des test screens de Warhol. Je substitue la durée d'une bobine super 16 mm par une minute de film montré sans coupe et en boucle. Je ne donne pas d'indications aux modèles et je conserve le son ambiant. Je montre les portraits dans l'ordre des prises de vues, côte à côte. Il y a ici une dynamique qui m'intéresse, des micro postures qui me plaisent et que je vais sûrement utiliser pour des photographiques.
Et puis il y a ce sentiment très étrange, très proche de la photo, où je peux me dire, en filmant ces minutes, ça y est j'ai un moment fort, important, touchant, comme je pourrais me le dire en trouvant le bon cadre. A suivre et à voir le work in progress ici.

mercredi 22 décembre 2010

17h49, Paris, France



Magnifique, somptueux cadeau d'anniversaire, j'accède au 5D Mark II.
Le boitier est à la hauteur de mes espérances et il y a, ce gadget qui n'en est vraiment pas un : la video HD. Je n'étais pas forcément attiré par cet artifice qui pouvait me détourner du cadre rigoureux, de la composition mais je dois dire que sa force de séduction fait son effet. Je vais donc doucement l'apprivoiser et m'en servir pour travailler, autrement, autour du portrait. A suivre donc.

vendredi 17 décembre 2010

16h10, Paris, France




Mon père vient de me demander de faire des photos de Paris, de lieux connus, de monuments célèbres, de suivre un parcours de touriste. Je me dis que l'exercice peut être amusant, moi qui n'arrive jamais à faire de photos de ma ville. Au delà du fait que la vie du touriste à Paris ne doit pas être simple : il y a tellement "d'agressions" visuelles, commerciales autour des lieux stratégiques, je me dis une fois de plus que capter tout cela est vraiment compliqué. Il y a, très souvent, tellement peu de recul, que le visiteur est quasiment obligé à prendre la même image. Le point de vue est très limité. C'est déroutant et décidément Paris me cache sa photogénie.

dimanche 5 décembre 2010

14h12, Paris, France



Je viens de terminer les tirages de deux nouveaux portraits Lovesoned, Grey Pierre et Yellow Robert. J'aime beaucoup ces portraits et je trouve qu'ils fonctionnent bien ensemble. J'ai adoré honorer cette commande. Ca me touche de savoir que dans des salons, des chambres, des cuisines, il y a maintenant plusieurs de ces portraits accrochés. L'idée centrale de cette série est avant tout la collection, la multiplication, la prolongation d'un même dispositif.

vendredi 26 novembre 2010

17:44, Paris, France




Je termine la réalisation de la boite photo de The Living Colors. Je suis content d'avoir trouvé cet emballage carton/mousse (merci Raja), ces petites montagnes blanches enveloppent parfaitement les images. J'y ai rajouté un feutre bleu, comme une couverture. Il y a quinze tirages, plusieurs saisons. Ce n'est que le début. Je veux continuer la série, il y a encore beaucoup de territoires à montrer et surtout je voudrais, quand la collection sera complète, faire de grands tirages et montrer les images en grand. A suivre donc.

mercredi 10 novembre 2010

09:52, Guilaumes, France



La photographie m'aura apporté cette chance incroyable de redécouvrir ma région natale, mes montagnes. Je me répète à chaque séjour ici mais je trouve ces rochers, ces plaines, ces forêts, ces pics totalement inépuisables. Les couleurs mutent, les volumes évoluent et je ne m'en lasse pas. En attendant de proposer une compilation sur plusieurs années/saisons vous pouvez découvrir la dernière livraison de nature sur mon compte flickr : living colors.

lundi 1 novembre 2010

11:11, Paris, France



Après le beau succès de la saison dernière, je relance les tirages +4 pour Noël et j'en profite pour ouvrir une boutique en ligne : la zpboutique. Elle propose une sélection d'images à tirage limité et deux concepts autour du portrait qui m'excitent assez.

jeudi 14 octobre 2010

16:40, Saint Petersbourg, Russie


Saint Petersbourg est quant à elle beaucoup plus figée et plus facile à appréhender. C'est nettement moins brut et plus proche de nous. Je suis plus à l'aise dans ce contexte presque familier. Les périphéries du centre historique sont joliment délabrées et les nombreux parcs donnent à la ville une belle respiration. En cette saison c'est mélancolique à souhait et j'avoue que passer le jour de ses 40 ans au musée de l'Ermitage est un souvenir que je n'oublierai pas.
J'ai réalisé un nouveau Zabriskiept à l'occasion de ce voyage russe. C'est un hommage à l'artiste constructiviste Lioubov Popova et ça s'appelle The Picturals Architectonics.

mardi 12 octobre 2010

13:12, Moscou, Russie




Dernier jour à Moscou avant de partir à St Petersbourg. Le voyage est beau, le cadeau d'être là, magnifique et pourtant, une fois encore cette ville m'échappe. Peut-être de la façon la plus radicale. La cité est spectaculaire, elle ne s'arrête jamais, le mouvement et les constructions apparaissent perpétuelles, tout est bouché à l'horizontale et à la verticale. Les espaces vides, les trous n'existent pas et le temps ne semple plus vouloir s'arrêter. Je me contente de quelques clichés un peu datés sur une époque fantasmée avec ce sentiment qu'il y aurait beaucoup d'autres choses à capter par ici.

vendredi 3 septembre 2010

15:23, Paris, France



PiY (publish it yourself) est une belle idée (partagée avec Laurence Vecten) qui prend forme : la présentation d'une petite centaine de livres auto-produits par des photographes du monde entier. C'est à voir le week-end du 11 & 12 septembre dans les beaux jardins de la Maison d'art Bernard Anthonioz. L'entrée est gratuite et vous pourrez aussi profiter d'une exposition de Willy Ronis.

PiY

dimanche 22 août 2010

14:46, Paris, France

J'ai l'impression que tout commence à prendre forme, à trouver plus de cohérence. Il a beaucoup encore à faire, beaucoup à refaire mais je sais comment et où. J'ai mieux identifié ce qui ne fonctionnait pas, un peu mieux cerner ce qui au contraire pouvait être vivifiant. Les modèles sont lumineux, j'ai beaucoup de chances et je ne peux pas m'empêcher de montrer ce petit aperçu.

dimanche 15 août 2010

14h56, Paris, France


Je crois que je me rends enfin compte de l'étendue du chantier, c'est de la folie ! Arriver à 100 images est un pari dingue, irréalisable avec le temps que j'ai. Je vais continuer mais si je peux je vais étendre encore plus le planning, refaire et défaire les plans. Pour bien faire il faudra travailler un jour sur une seule photographie. Il ne faut pas se précipiter, remplir les cases vides.
C'est je crois le projet d'un an ! et finalement c'est vrai que le plus important ce ne sont pas les raccords, si les visages changent d'une image à l'autre ce n'est pas bien grave.Je me souviendrai toujours de Dityvon qui disait chez Serge Daney, que si dans une année on avait produit une image satisfaisante, on pouvait s'estimer heureux. Il avait tellement raison ! Quoi qu'il en soit l'entreprise reste fascinante, stimulante, imprévisible. Alors ...

vendredi 13 août 2010

21h45, Paris, France



Après deux jours pleins, je commence à assembler les premières images, il y aura beaucoup de combinaisons possibles. Pour l'instant je multiplie les options pour éviter que l'on retrouve les mêmes motifs, poses ou gestes. Comme prévu je n'arrive pas du tout à visualiser si tout cela va former un tout convaincant, suffisamment uni pour proposer une lecture cohérente, qui raconte quelque chose. Je suis très content des modèles rencontrés, de leur disponibilité.
J'ai décidé de rajeunir les adultes par rapport au film, pour éviter de gros écarts d'age. Demain va être une journée différente car il y aura plusieurs modèles à la fois, il va falloir prendre du temps avec chacun, avoir un attention identique ... A suivre

jeudi 29 juillet 2010

15h46, Pantin, France


Ca y est, Elephant 3.0. c'est vraiment parti, une première journée de prises de vues, quelques tests et je me rends compte de l'étendue du travail à fournir, du temps nécessaire qu'il faudra accorder à chacun. Je sais déjà que mon plan de travail ne va pas fonctionner, qu'il est trop étroit. Même si les modèles du jour étaient parfaits, je sais qu'il ne faudra négliger aucun des autres visages à venir, aucune option, aucun détails, qu'il ne faudra pas hiérarchiser : chaque photo doit avoir la même importance, la même nécessité, la même urgence.
Et puis, je constate de nouveau, qu'il faut s'éloigner du sujet (le film), dériver pour finalement s'en approcher le plus, alors l'aventure continue ... avec beaucoup de joie.

mardi 13 juillet 2010

14h12, Pantin, France




Quelques notes après mon retour de Pantin où je viens de repérer de façon plus précise certains des décors du projet Elephant 3.0.

Le traitement du fait-divers de Columbine est une lecture possible du film mais c'est loin d'être la plus intéressante, c'est un prétexte, un alibi pour entrer dans le campus.

Ce qui fascine le plus c'est la volonté photographique qui est énoncée très rapidement et très distinctement dès le début du film. Une des premières séquences montre Elias, jeune photographe dans un parc près de son lycée, appareil à la main, il aborde deux adolescents et leur demande s'ils acceptent d'être pris en photo. Finalement Gus Van Sant va avoir la même démarche tout au long de son film : il va portraiturer et ce n'est pas le portait de la jeunesse américaine qu'il veut faire, c'est le portrait très particulier d'une dizaine de visages choisis (comme le fait Elias) presque au hasard des couloirs d'un lycée.

Le film c'est eux ! et c'est sans doute pourquoi les prénoms des personnages centraux (qui sont logiquement les mêmes que ceux des comédiens) viennent chapitrer le récit.
L'idée centrale de Elephant 3.0 tourne bien écidemment autour de cela : faire une série de portraits et arriver à capter les expressions propres et les plus véridiques possibles des visages photographiés même si le dispositif dans lequel ils seront placés (il faudra rejouer le film) risque d'être antinaturel.

Penser à cette phrase de Bresson : "Je vous invente comme vous êtes"

C'est vrai que l'idée de reproduire les plans est possiblement une grosse contrainte et pourtant c'est un challenge très excitant et plutôt que de parler de reproduction, je préfère parler de reprise car il y a plus encore dans ce mot le sens de continuation.
Il s'agit bien d'avancer : de se servir de détails précis inscrits dans le film, de gestes, de postures mais comme d'une base et d'arriver à proposer autre chose.

C'est par ailleurs attirant de faire cet exercice à partir d'un film de GVS qui s'est toujours intéressé de près à la problématique (il a refait à l'identique le Psycho de Hitchcock, Elephant est ouvertement inspiré du film éponyme d'Alan Clarke, il joue ici clairement avec des codes de son précédent film Gerry, etc ...)

L'autre grande astreinte (apparente) sera de proposer des images qui arriveront à remplir (et non à condenser) les grandes étendues des plans séquences et qui parviendront à conserver l'incroyable mobilité et les circulations multiples du film.

Au final, est-ce que les photographies issues du film mais redéployées ailleurs viendront raconter quelque chose ? diront-elles la même chose que dans Elephant, diront-elles quelque chose sur les modèles choisis ?

A suivre ..

lundi 21 juin 2010

10h30, Paris, France

De la production. Il se trouve qu'en ce moment je photographie beaucoup, des centaines d'images par jour pour répondre à plusieurs commandes. Mon disque dur (interne) en est presque saturé. C'est finalement très bizarre de se retrouver avec autant de captures ... Il y a cette notion de hasard, la possibilité de se dire que dans le lot, il y aura bien quelque chose à sauver. Ce sont des sentiments avec qui j'ai du mal à manoeuvrer car j'ai l'impression d'avancer à l'envers, pas forcément pour de bonnes raisons : mon envie n'est pas à l'origine de l'entreprise. Alors il faut composer, trouver l'appétit. J'y arrive parfois au milieu des contraintes et parfois, ça ne prend pas, je sais que la combinaison est mauvaise, que je ne suis pas libre de mes propositions. Mais je ne me plains pas, je sais bien que dans l'astreinte il y a toujours une voie vers l'indépendance.

samedi 12 juin 2010

23h45, Saint-Cloud, France



C'est un exercice compliqué. Techniquement je n'avais jamais réellement tenté de capter un feu d'artifice, la configuration assise dans un parc entouré de milliers de personnes n'arrangeant rien. Esthétiquement j'y allais un peu à reculons, il y a (encore) tellement de belles choses faites sur ce sujet. Le but n'était pas de contourner, d'aller du côté des très beaux travaux n&b de Hedi Slimane ou Pierre Le Hors. J'avais envie de couleurs et surtout de matières. La chance a été d'être si près du spectacle, juste en dessous des projectiles et du coup des fumées, des traces, des fausses étoiles et je me suis retrouvé au beau milieu du cosmos et this was harcore !

dimanche 6 juin 2010

14h02, Sète, France


En haut de cette ville improbable qu'est Sète je me mets à réfléchir à cette question que l'on me pose parfois : quelle est la différence entre la/ma pratique de la photographie comme occupation passagère ou comme occupation principale ? Il y a, selon moi, deux grands axes de réponses : le temps et la substance. Le fait de vider son disque dur personnel et de prendre tout le temps nécessaire pour le remplir quasi exclusivement de problématiques qui touchent aux images est un grand luxe qui change beaucoup de choses dans la façon dont je capte les éléments.
Et puis, le fait de travailler pour soi, d'attaquer certains chantiers directement, parfois de façon insouciante mais sans avoir besoin d'une quelconque validation est un autre très grand luxe.
Chaque fois que ces grandes respirations sont un peu compromises, j'ai l'impression de m'éparpiller, de prendre un mauvais chemin.

dimanche 23 mai 2010

20h55, Stromboli, Italie




En haut du Stromboli, face à un coucher de soleil, à la mer et au spectacle baroque qu'effectue le volcan, je me dis que la nature m'inspire de plus en plus, qu'elle est inépuisable et si j'arrive à capter des moments où le corps de l'homme y trouve conjointement une place, la photographie sera(peut-être) intéressante.
Avant les îles Eoliennes, il y a eut une semaine à Palerme, c'est toujours compliqué pour moi de photographier les villes remplies d'Histoire, les villes monumentales et je me dis encore une fois que je n'y suis pas assez allé, pas assez rentré. Pourtant je suis content d'avoir, grâce à l'énergie de mon amie Leda, pu rencontrer des jeunes gens qui y vivent, d'avoir fait ces séances de portraits autour de ce canapé rouge. La prochaine fois, il faudrait déplacer ces rencontres dans la ville même, dans les rues ...
Les photos sont visibles sur le site et la série sicilienne s'appelle ISOLE.

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